Octobre 2026 : Une journée spirituelle à Pékin (j27)
Aujourd’hui, journée off pour les enfants ! On en profite pour s’éclipser doucement de l’appartement sans réveiller toute la troupe. Ce matin, le petit-déjeuner se prend dehors, en amoureux. Enfin, le romantisme a ses limites : nous ne trouverons qu’un Starbucks. Ce sera donc un bon American coffee accompagné d’un muffin tout chocolat. On ne peut pas dire que l’on soit dépaysés côté petit-déjeuner, mais au moins, on est tranquilles !
Première étape de la journée : le temple des Lamas, l’un des grands incontournables de Pékin.
Et quel endroit ! Les bâtiments aux murs rouges, les toits dorés, les cours successives, l’odeur de l’encens… Le lieu invite naturellement à ralentir et à observer.
Petit point culture : le temple des Lamas, ou Yonghe Gong, n’a pas toujours été un temple. À l’origine, il a été construit en 1694 comme résidence princière, avant de devenir un palais impérial, puis un monastère bouddhiste tibétain en 1744. Aujourd’hui encore, il constitue un important lieu de culte, et pas seulement une jolie succession de bâtiments pour touristes en quête de photos !
À l’entrée, on nous offre des bâtonnets d’encens pour participer aux prières. Nous voilà donc embarqués dans la ferveur du dimanche matin, au milieu des fidèles venus se recueillir.
On observe les gestes, on essaie de comprendre comment faire, on allume nos bâtonnets et on s’applique à respecter les lieux. Pas question de faire n’importe quoi sous prétexte qu’on est touristes !
Nous prions Bouddha devant chaque temple… soit six fois au total !
À ce stade, je ne sais pas si nous avons gagné des points de karma, mais si les divinités tiennent une comptabilité, elles ne pourront pas nous reprocher de manquer de motivation. 😂
Au-delà de la plaisanterie, cette succession de cours et de salles donne vraiment l’impression de suivre un cheminement. On avance progressivement vers les bâtiments les plus importants, chacun avec son atmosphère, ses statues et ses fidèles. On prend le temps de regarder, de respirer et de se laisser porter par le lieu.
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C’est assez fascinant de voir à quel point la spiritualité fait partie du quotidien de certains visiteurs, alors que nous, nous sommes surtout en train de nous demander si nous tenons correctement nos bâtonnets d’encens !
Après cette parenthèse spirituelle, nous changeons d’ambiance et de philosophie en nous dirigeant vers le temple de Confucius.
Et franchement, ce Confucius, il est inspirant !
Pour ceux qui auraient séché les cours de philosophie, Confucius était un penseur chinois qui a vécu entre 551 et 479 avant notre ère. Sa pensée a profondément influencé la société chinoise, notamment dans les domaines de l’éducation, de la famille, du respect des aînés, de la morale et du rôle de chacun dans la société.
L’idée générale ? Devenir une meilleure personne, cultiver la vertu, apprendre tout au long de sa vie et contribuer à une société harmonieuse. Rien que ça !
Autant dire que je pourrais lui présenter quelques-uns de mes enfants pour une petite séance de coaching. Je suis sûre qu’il aurait des choses à leur apprendre… et peut-être aussi à leurs parents !
Le temple de Pékin a été construit au début du XIVe siècle. À côté se trouvait le Guozijian, la plus haute institution d’enseignement de la Chine impériale. Pendant des siècles, on y a honoré Confucius et formé les futurs fonctionnaires de l’Empire. L’éducation et les examens impériaux y occupaient donc une place essentielle.
On comprend mieux pourquoi le lieu dégage une atmosphère aussi paisible et studieuse. Après les prières du matin, nous voilà presque prêts à retourner sur les bancs de l’école…
Nous poursuivons notre promenade en direction de la ruelle de Guozijian, dans l’espoir de découvrir les fameux hutongs de Pékin.
Les hutongs, ce sont ces ruelles traditionnelles qui serpentent entre les anciennes maisons à cour intérieure, appelées siheyuan. Elles racontent une autre histoire de Pékin, plus intime que celle des palais impériaux : celle de la vie quotidienne des habitants, des voisins qui se connaissent, des petits commerces et des portes qui s’ouvrent sur des cours parfois cachées derrière les murs.
Malheureusement, le quartier est en pleine réhabilitation. Nous ne verrons donc pas les hutongs tout beaux, tout restaurés, avec leurs petites boutiques charmantes et leurs façades photogéniques.
Tant pis ! Nous continuons vers des hutongs tout vieux… ;-)
Et finalement, ce n’est pas plus mal. Les endroits moins léchés, moins restaurés, ont parfois davantage de caractère. On y devine une vie locale qui ne se résume pas à aligner des boutiques pour touristes. Il y a du linge, des portes vieillies, des petites cours et des détails qui racontent une histoire.
C’est aussi ça, voyager : accepter que la réalité ne corresponde pas toujours aux jolies photos que l’on avait repérées avant de partir. Parfois, on trouve mieux. Parfois, on trouve juste des travaux. Et parfois, on trouve les deux !
Sur notre chemin, nous décidons de visiter un supermarché. Oui, un supermarché. Chacun ses passions !
Nous adorons découvrir les rayons alimentaires à l’étranger. C’est une manière assez amusante de comprendre les habitudes locales : les produits que l’on ne connaît pas, les emballages incompréhensibles, les snacks improbables et les saveurs que l’on n’aurait jamais pensé trouver en France.
Sauf que celui-ci a un léger défaut : il n’est pas climatisé. Ni même ventilé.
Et quand je dis qu’il fait chaud, je ne parle pas d’une petite chaleur agréable. On est plutôt dans une ambiance sauna gratuit, option courses alimentaires.
Le chocolat que l’on aperçoit dans les rayons est complètement fondu.
Nous sélectionnons donc quelques snacks à grignoter en marchant. Parce que oui, vous avez bien lu : nous allons rentrer à pied.
Cyril a décidé que nous allions rentrer à l’appartement à pied. Distance annoncée : 5,5 kilomètres.
Cinq kilomètres et demi. Pour rentrer chez nous. Alors que nous venons déjà de visiter deux temples, de parcourir des ruelles et de faire un détour par un supermarché transformé en hammam. Mais monsieur est en manque de marche. Je ne sais pas si c’est une nouvelle discipline olympique ou une tentative discrète de me faire regretter le muffin au chocolat du matin, mais puisque Cyril a décidé que nous allions nous promener, nous nous promenons !
Après tout, découvrir une ville à pied permet aussi de voir ce que l’on ne remarque pas depuis le métro : les petits commerces, les immeubles, les scènes de vie, les rues ordinaires… et parfois le nombre de kilomètres qu’il reste avant de pouvoir enfin s’asseoir.
Nous rentrons donc tranquillement, snacks à la main, en essayant de faire passer cette marche imposée pour une expérience culturelle supplémentaire.
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Une fois de retour à l’appartement, pas question de s’affaler sur le canapé jusqu’au dîner. Enfin, pas tout de suite.
Le reste de la journée est consacré à l’école, à l’organisation de l’arrivée de Paul en Chine et à la programmation de la suite de notre voyage.
Et là, je crois que c’est le moment de rappeler une chose : voyager pendant plusieurs mois, ce n'est pas simplement réserver un billet d'avion et décider où l'on va dormir le soir. Mine de rien, la préparation prend énormément de temps. Il faut d’abord organiser les visites dans chaque ville, en tenant compte des distances, des horaires, des jours de fermeture et de nos contraintes. Parce que se retrouver devant un monument fermé le jour où l’on avait prévu de le visiter, après avoir traversé la moitié de la ville, ce n’est pas exactement notre idée du bonheur.
Ensuite, il faut construire l’itinéraire général. Pour l’instant, tout n’est pas encore défini, nous avons le circuit en tête jusqu'en janvier, après ...
Une fois que nous avons choisi une destination, il faut déterminer combien de temps nous allons y rester, quelles étapes méritent le détour et comment organiser les déplacements à l’intérieur du pays. Puis viennent les réservations de logements, les transports, les billets, les horaires… et toutes les petites questions auxquelles on ne pense pas forcément au départ.
Sans oublier l’arrivée de Paul, qu’il faut intégrer dans cette organisation, et l’école des enfants, qui continue évidemment en parallèle.
Bref, derrière les photos de temples, les jolies ruelles et les promenades au soleil, il y a aussi beaucoup d'heures passées devant un écran à comparer, vérifier, réserver et réorganiser.
Le voyage, c’est un peu un deuxième métier. Un métier dans lequel on est à la fois agent de voyages, logisticien, professeur, interprète occasionnel et responsable des réservations.
Et tout ça sans bureau fixe, avec une connexion parfois capricieuse et un mari qui réclame 5,5 kilomètres de marche supplémentaires ! Mais bon, on ne va pas se plaindre : on découvre, on apprend, on partage de beaux moments… et on construit la suite au fur et à mesure. Demain, de nouvelles aventures nous attendent. Et si possible, avec un peu moins de marche ! 😅
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