Cet après-midi, on décide de faire comme les locaux et de se promener le long de la baie. Après toutes ces journées à courir d’un quartier à l’autre, ça fait du bien de prendre un peu l’air, de marcher tranquillement et de profiter de l’ambiance.
Il fait encore chaud, mais la brise marine est franchement agréable. On se balade au bord de l’eau, on observe les familles, les groupes d’amis, les promeneurs… Bref, on prend le temps de regarder la vie chinoise s’écouler.
Et puis, évidemment, il faut une glace ! Sauf qu’ici, même pour ça, on découvre une petite touche de modernité : la glace est préparée par un robot ! đ On commande, on regarde la machine travailler et on récupère notre dessert. Décidément, à Shenzhen, la technologie est partout.
On poursuit notre balade le long de la baie et on s’arrête pour observer les poissons qui sautent hors de l’eau. On ne sait pas trop ce qui les agite, mais ils nous offrent un petit spectacle improvisé. Pas besoin de réservation ni de billet : la nature fait son show gratuitement !
Petit à petit, le soleil commence à descendre. La lumière change, les bâtiments prennent de jolies couleurs et le ciel se transforme. On s’installe presque naturellement pour profiter du coucher de soleil. Et franchement, il est magnifique ! Après les gratte-ciel illuminés, les centres commerciaux gigantesques et les rues qui ne s’arrêtent jamais, ce moment au bord de l’eau est vraiment agréable.
Une partie de la troupe a repéré la grande roue et décide de prendre de la hauteur. Les autres, dont moi, préfèrent rester tranquillement en bas.
On attend donc pendant que les courageux embarquent pour leur petit tour dans les airs. De là où nous sommes, on les imagine déjà profiter de la vue… et se faire quelques frayeurs à mesure que la nacelle grimpe ! đ
Je ne sais pas si c’est le vertige ou simplement la flemme de faire la queue, mais je trouve que la vue depuis le sol est très bien aussi. Chacun son programme !
Une fois tout le monde redescendu, nous décidons de changer complètement de quartier pour retourner à Dongmen.
Et là, il faut s’armer de patience : 19 arrêts de métro et 1h15 de trajet ! Oui, on a beau être à Shenzhen, tout n’est pas à côté. Cette ville est tellement immense qu’on pourrait presque passer ses vacances dans le métro.
Nous finissons par arriver à Dongmen, avec encore un peu d’énergie pour la dernière mission de la journée : rentrer et préparer nos affaires.
Il est déjà 22h15 quand on attaque les valises et les sacs. Il faut trier les achats, ranger les vêtements, répartir les affaires et essayer de faire rentrer tout ça dans nos bagages. Et comme d’habitude, on se demande comment on a réussi à accumuler autant de choses ! Entre les gadgets électroniques, les petites trouvailles et les achats du voyage, nos valises commencent sérieusement à montrer leurs limites.
Autant dire que ce n’est pas encore ce soir qu’on va se coucher tôt. On voulait une petite balade tranquille au bord de la baie, et on termine la soirée à jouer à Tetris avec nos bagages.
Allez, cette fois, il faut vraiment dormir. La suite du voyage n’attend pas !
Aujourd’hui, beau programme : direction le plus grand marché de matériel électronique et informatique de Shenzhen. Autant dire que je suis comme une gamine dans un magasin de jouets ! J’adore tous ces gadgets, les accessoires improbables, les nouveautés technologiques… Je sens que je vais avoir du mal à me retenir !
Tellement excitée à l’idée d’y aller, je fais courir tout le monde pour attraper le bus. On monte, on s’installe, on avance tranquillement… et c’est seulement 5 km plus tard que je réalise qu'on est partis dans le mauvais sens !
Oui, oui, le bus nous emmène à l’opposé de notre destination. On finit par descendre sur une grande route, mais évidemment, il n’y a pas d’arrêt en face. Enfin si, on en aperçoit un de l’autre côté, sauf qu’il est inaccessible depuis là où nous sommes. Je suppose qu’il faut marcher jusqu’à un passage pour traverser au-dessus de l’autoroute, puis revenir vers l’arrêt dans le bon sens.
Bref, on a réussi à transformer un trajet en bus en petite randonnée urbaine !
Dépités, on finit par rejoindre le métro. Il faut faire plusieurs changements, mais au moins, on devrait arriver à destination sans nouvelle surprise. Enfin, on espère ! đ
Et là… on est cernés !
Des boutiques et des étals à perte de vue, des immeubles entiers consacrés à l’électronique, des vendeurs partout. Huaqiangbei, c’est l’un des grands centres mondiaux du commerce électronique, un quartier devenu incontournable à Shenzhen, souvent considérée comme la capitale chinoise du hardware et de l’innovation technologique.
À l’origine, Shenzhen était une petite ville de pêcheurs avant de devenir, à partir de 1980, l’une des premières zones économiques spéciales de Chine. Son développement fulgurant a attiré les fabricants, les fournisseurs et les entrepreneurs. Huaqiangbei s’est alors imposé comme un immense marché de composants électroniques, avant de devenir un lieu où l’on trouve pratiquement tout ce qui touche à la technologie.
Et quand je dis tout, c’est vraiment tout !
Des coques, des câbles, des chargeurs, des composants, des accessoires pour téléphones, appareils photo et ordinateurs… mais aussi des gadgets dont on ne soupçonnait même pas l’existence. Il y a de quoi passer des heures à fouiller, comparer et découvrir les nouveautés.
Moi, je suis aux anges ! Casques audio, écouteurs dernier cri, stylets pour iPad de toutes les couleurs… Je voudrais tout acheter ! Heureusement que les valises ne sont pas extensibles, parce que sinon, je crois que je serais capable de repartir avec la moitié du quartier. On repart quand même avec plein de choses, après avoir sérieusement négocié les prix. Ici, il faut discuter, comparer et ne pas hésiter à faire jouer la concurrence. Les prix affichés ne sont pas toujours les derniers mots des vendeurs !
Je me suis tout de même limitée. Il faut dire qu’entre les achats déjà accumulés et tout ce qui nous attend encore pendant le voyage, il va falloir réussir à fermer les valises au moment du départ.
Mais franchement, ce quartier est fascinant. On comprend mieux pourquoi Shenzhen est devenue une référence mondiale dans le domaine de l’électronique : ici, la technologie n’est pas seulement dans les vitrines des grandes marques, elle se démonte, se répare, se transforme et se vend à tous les étages.
Après cette journée passée au milieu des gadgets et des négociations, nous ressortons le soir, Cyril et moi, pour découvrir un Shenzhen un peu plus authentique.
On a envie de s’éloigner des grands centres commerciaux et de voir une autre facette de la ville, de nous perdre dans les rues, d’observer la vie locale et de trouver un endroit où manger.
Cette nuit, j’ai trop bien dormi. J’ai écrasé ! Après les nuits agitées de ces derniers jours, ça fait un bien fou.
Ce matin, on laisse les enfants dormir. Pas d’école, pas de visite, pas de course contre la montre. On en profite pour gérer l’organisation de la suite du voyage, les réservations, le planning et quelques mails importants. Bref, on fait tourner la petite entreprise familiale !
Quand on relève enfin la tête, il est déjà 14h30. Oups ! La matinée est passée à une vitesse folle. Allez, on se bouge, on ne va quand même pas passer la journée à l’appartement !
Première étape : OCT Loft, un ancien quartier industriel reconverti en espace culturel, avec des galeries, des cafés, des boutiques et plein de coins sympas.
C’est un endroit assez particulier, très instagrammable, qui semble faire le bonheur des photographes. Il y a des shootings un peu partout : des couples, des modèles, des photographes avec tout leur matériel… On a presque l’impression d’être sur un plateau de tournage à ciel ouvert !
On se balade entre les bâtiments et les installations, on observe tout ce petit monde et on profite de l’ambiance. C’est sympa, ça change des immenses centres commerciaux et des gratte-ciel.
Nous poursuivons notre journée vers Sea World pour profiter du coucher de soleil. Et là, on découvre un concept assez particulier : un immense paquebot transformé en lieu de loisirs, avec des restaurants installés sur les ponts.
Sur le papier, ça peut être sympa. Sauf que… le paquebot est posé dans une mare ! đ
Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que ça fait un peu pitié. Un énorme bateau qui ne navigue nulle part, coincé dans son bassin… Bon, apparemment, tout le monde trouve ça génial ici. Il en faut pour tous les goûts !
On fait le tour du bateau, on découvre les restaurants et on assiste à une animation son et lumière. L’endroit est plutôt joli, mais je ne suis pas totalement convaincue par le concept.
En revanche, il y a un élément qui met tout le monde d’accord : la tireuse à bière ! Obligés de faire une pause. Cette fois, on goûte une bière au litchi. Eh oui, on continue les expériences culinaires ! đ
Le quartier nous paraît finalement assez calme. On s’attendait à plus d’animation, alors on décide de rentrer vers Coco Park, juste à côté de notre hôtel.
La quête du dîner… et surtout des pizzas !
Sauf que Coco Park ne nous emballe pas davantage. Ce n’est pas très animé non plus. On imagine que beaucoup de restaurants se trouvent dans les sous-sols des centres commerciaux, mais franchement, dîner sous terre ne nous tente pas trop ce soir. đ
Et puis, il faut bien le dire : on commence à en avoir un peu marre des nouilles et du riz ! đ
Cyril se donne donc une mission pour la soirée : nous trouver des pizzas. Une vraie mission familiale !
Il part en quête du graal pendant que nous attendons tranquillement. Les minutes passent… puis les heures…
Et finalement, à 22h15, Cyril rentre avec les pizzas !
Le pauvre… Il a dû se démener pour nous trouver de quoi satisfaire nos envies de cuisine occidentale. Mais ce soir, il est notre héros. â€ïž
On se régale, heureux de retrouver un peu de fromage et de pâte à pizza après tous ces repas chinois.
Bilan de la journée : des lieux photogéniques, un paquebot échoué dans une mare, une bière au litchi et un mari parti en expédition pour rapporter des pizzas.
Le réveil a piqué ce matin ! Déjà que la nuit n’a pas été terrible, Cyril a oublié d’éteindre son téléphone, qui a vibré toute la nuit. Autant dire que j’ai eu un peu de mal à sombrer. J’ai fini par lire, puis j’ai eu trop chaud, alors j’ai mis la clim… avant d’avoir trop froid ! Bref, je dormirai ce soir.
Petit-déjeuner avalé, sacs préparés, passeports en poche : nous voilà partis pour Hong Kong. Avec une organisation pas franchement ficelée, mais on va bien réussir à se débrouiller !
Le programme est simple… : métro jusqu’au bout de Shenzhen, passage de la douane chinoise, traversée de la frontière à pied, douane hongkongaise, puis train et métro côté Hong Kong. Rien que ça !
Finalement, tout se déroule plutôt bien. Les passages de frontière sont fluides et on peut payer avec nos cartes bancaires presque partout. Hyper pratique ! Après environ deux heures de trajet, nous voilà dans le vieux Hong Kong.
Première impression : une densité de population impressionnante, des immeubles très hauts, très serrés, et des bâtiments qui ont parfois bien vécu. C’est vieux, c’est moche par endroits… bref, Hong Kong a un charme assez particulier !
Mais cette ville a une histoire bien différente de celle de Shenzhen. Hong Kong a été administrée par les Britanniques pendant plus de 150 ans, avant de redevenir chinoise le 1er juillet 1997. Aujourd’hui, elle possède un statut particulier au sein de la Chine, avec notamment sa propre monnaie, le dollar hongkongais, et son propre système d’immigration. Voilà pourquoi nous devons passer deux contrôles frontaliers alors que nous ne faisons finalement que quelques kilomètres !
Cet héritage britannique se retrouve encore dans l’architecture, la langue anglaise, les bus à impériale et la circulation à gauche. Un drôle de mélange entre culture chinoise et influences occidentales.
Et quand on apprend que le mètre carré peut se vendre autour de 25 000 €, on hallucine ! À ce prix-là, on s’attendrait presque à avoir un appartement avec vue, terrasse et majordome. Mais non, on est surtout dans une ville où chaque centimètre carré compte !
Nous passons voir le fameux Monster building, cet ensemble résidentiel impressionnant où les immeubles semblent empilés les uns sur les autres. Les cours intérieures, les fenêtres et les balcons forment une véritable forêt de béton. On comprend vite pourquoi cet endroit est devenu si célèbre sur les réseaux sociaux : c’est spectaculaire, presque irréel. Et derrière les photos, il y a surtout des milliers de personnes qui vivent dans ces immeubles. Ce n’est pas un décor de cinéma, c’est leur quotidien !
Après quelques photos, nous partons découvrir le Hong Kong plus moderne en bus.
Héritage britannique oblige, les bus sont rouges, à deux étages et on roule à gauche. On s’installe à l’étage, tout devant si possible, et on profite de la vue. Franchement, le bus, c’est quand même beaucoup plus sympa que le métro pour découvrir une ville !
Nous arrivons à Central et là, changement de décor. Entre les tours immenses, les façades de verre et les buildings aux architectures improbables, on se croirait presque à New York. On passe notre temps à regarder en l’air. Ces immeubles rivalisent d’originalité et semblent vouloir toucher le ciel.
Central est aujourd’hui le cœur financier de Hong Kong, avec ses banques, ses sièges de grandes entreprises et ses tours vertigineuses. C’est aussi un quartier qui illustre parfaitement la transformation de la ville : d’un territoire portuaire devenu colonie britannique au XIXe siècle, Hong Kong s’est progressivement imposée comme une grande place commerciale et financière internationale.
Nous testons aussi le fameux escalator extérieur de Central, qui s’étend sur environ 800 mètres. Inauguré en 1993, ce système d’escaliers mécaniques et de trottoirs roulants relie le quartier des affaires aux zones résidentielles situées plus haut sur la colline. Il a notamment été conçu pour faciliter les déplacements dans une ville où le relief et la circulation compliquent les trajets à pied.
Pratique pour grimper sans trop se fatiguer ! En revanche, pour redescendre, on n’a pas trouvé d’équivalent automatisé. Soit on a raté quelque chose, soit il faut se débrouiller à pied. 𫣠En réalité, le système change de sens selon l’heure : il fonctionne vers le bas le matin, puis vers le haut le reste de la journée. Nous n’étions donc peut-être tout simplement pas au bon moment !
Nous déambulons ensuite dans les avenues jusqu’à rejoindre la baie. Avec cette chaleur, on commence sérieusement à chercher l’ombre. Il fait 33° C à l'ombre ! Autant dire qu’on ne traîne pas en plein soleil.
Nous trouvons un endroit au sixième étage pour déjeuner tous ensemble, au frais, avec une vue agréable. On mange, on récupère un peu et on profite de la climatisation comme si notre vie en dépendait. Une fois rassasiés et rafraîchis, nous repartons explorer le quartier commerçant. Et là, on se régale : faux ongles, sacs, petits ventilateurs de poche, masseurs… On trouve de tout ! Nous passons aussi dans une rue spécialisée dans les sneakers, avec des dizaines et des dizaines de magasins de chaussures les uns à côté des autres. Il y a de quoi faire !
Nous reprenons un bus pour rejoindre la baie et profiter un peu de l’air marin. On regarde le soleil se coucher sur les buildings, et le spectacle est magnifique. On prend le temps d’admirer la vue, de faire quelques photos et de savourer ce moment tous ensemble.
Pour le retour, je décide de réserver le train express. J’ai vu qu’il pouvait faire le trajet en seulement quinze minutes, contre environ une heure et demie par notre itinéraire habituel. Autant vous dire qu’on n’hésite pas longtemps !
Je réserve donc un train pour 19h12, avec une arrivée prévue à 19h25. Parfait ! On profite encore un peu de la baie, sans trop se presser.
Sauf que… on finit par se rendre compte qu'on n'a plus de réseau. Et là, tout s’accélère. Comment rejoindre la gare ? Où retrouver le numéro du train ? Les places ? Les billets ? Et comment prendre le métro sans pouvoir consulter nos informations ?
Bref, on est dans la merdouille. đ«Ł
Première mission : trouver une station de métro. Et contrairement à chez nous, ce n’est pas toujours indiqué très clairement. Certaines entrées sont même cachées sous des magasins. Heureusement, les gens parlent anglais et nous finissons par trouver notre chemin.
Sauf qu’il y a un monde fou ! Nous ne pouvons même pas monter dans les deux premiers métros tellement ils sont bondés. Le stress commence à monter sérieusement.
Il est 18h49 quand nous passons enfin la douane hongkongaise. On se dit qu’on est encore dans les temps. Le train part à 19h12, ça devrait le faire… non ?
C'est là qu'on découvre le petit détail qu'on n'avait absolument pas anticipé : la douane chinoise nous demande de remplir de nouvelles formalités pour rentrer en Chine.
Dans notre tête, tout était simple : nous sommes Français, nous bénéficions de l’exemption de visa pour ce séjour et nous sommes déjà entrés sur le territoire chinois récemment. On ne s’attendait donc pas à devoir recommencer des démarches à la frontière. Sauf que l’exemption de visa ne signifie pas qu’on peut se dispenser des formalités d’entrée ! Et Hong Kong ayant son propre système d’immigration, chaque passage entre les deux territoires implique bien un contrôle distinct. On aurait dû mieux anticiper cette étape. Et à six, forcément, ça prend du temps. Il faut saisir les informations de chaque passeport, renseigner une adresse en Chine, un numéro de téléphone, puis signer. Six fois !
Autant dire que notre train express commence à nous sembler de moins en moins express. Une fois les formalités terminées, nous passons enfin l’immigration. Là, miracle, on nous fait passer devant tout le monde. Il est 19h10. On file à la sécurité, puis vers le quai…
Et là… Le train est parti en avance !
Oui, vous avez bien lu. On l’a raté. đ
J’ai déjà couru après des trains un paquet de fois, après quelques avions aussi, mais c’est la première fois que je rate mon train. Je suis dépitée ! Heureusement, une dame très gentille nous dirige vers un guichet. Une autre employée nous sort de nouveaux billets pour le train suivant, qui part une demi-heure plus tard. Sans nous faire d’histoire, sans nous demander de payer à nouveau.
Franchement, merci ! Nous embarquons donc dans le train suivant, prévu à 19h54. Cette fois, on ne quitte plus nos billets des yeux ! Départ à 19h50 (il part encore en avance !), arrivée à 20h06. Quinze petites minutes de trajet, comme promis. Ouf !
Nous sommes claqués de chez claqués. Entre la chaleur, les kilomètres parcourus, les visites, les transports et cette fin de journée digne d’un mauvais film d’action, on n’a plus beaucoup d’énergie.
Je n’ai même plus la force de manger. C’est dire !
Charles, lui, est toujours en forme et part quand même à la salle de sport faire sa séance. Cette motivation me dépasse. Paul doit encore terminer son devoir pour ce soir. Et moi ? Je veux juste m’allonger devant notre série du moment et ne plus bouger.
Hong Kong, c’était superbe, dépaysant, impressionnant… mais on a quand même bien mérité notre canapé !
Les garçons sont rentrés crevés de la Foire de Canton, mais bonne nouvelle : pas un bruit au-dessus de nos têtes cette nuit ! Après le cirque de la veille, je crois que je suis quand même passée trois fois à la réception pour vérifier auprès de trois personnes différentes que les voisins étaient bien partis. Parce que s’ils étaient encore là, on demandait à changer de suite !
Cette nuit, j’ai donc enfin pu dormir. Enfin, dormir… J’ai fait des rêves complètement improbables : des plantes, ma sœur, et moi qui partions manger des nouilles aux patates douces avec mon café italien.
Aujourd’hui, direction la plage ! On va découvrir la plage chinoise. Déjà, on a choisi un jour de semaine pour éviter la foule du week-end. Et puis, première surprise : on y va en métro ! Ça fait bizarre de descendre du métro pour aller se baigner. On n’a pas vraiment l’habitude.
On loue des parasols, on s’installe et on observe un peu ce qui se passe autour de nous. Il y a quelques russes, aucun européen et beaucoup de chinois.
Il y a énormément d’hommes dans l’eau, souvent avec des bouées, alors que les femmes sont beaucoup moins nombreuses à se baigner. Beaucoup restent au bord, bien habillées, et certaines se mouillent juste pour se rafraîchir, du coup elles se retrouvent trempées mais habillées, en jean, la plus part du temps. Qu'est ce que ça doit être désagréable. Chacun ses habitudes !
Et puis, on a envie d’une glace. On repère une petite mamie qui en vend sur la promenade, face à la mer. On lui commande trois glaces, un peu dans le style des McFlurry. On s’installe et on attend tranquillement qu’elle nous les prépare… sauf que rien ne se passe comme prévu !
En fait, la mamie ne prépare pas du tout les glaces. Elle les commande directement chez McDo ! Quelques minutes plus tard, un livreur débarque avec nos trois glaces et les lui apporte. Et voilà, service rendu ! đ
Incroyable ! Du dropshipping alimentaire en direct sur la promenade ! La mamie n’a même pas besoin de stock, elle a juste besoin de nous et d’un livreur. Trop forte ! Franchement, je ne l’avais pas vue venir, celle-là. On pensait acheter une glace à une petite vendeuse de plage, on a finalement assisté à une démonstration de logistique moderne. La Chine ne cessera jamais de nous surprendre ! đ
Mais le plus surprenant, c’est ce qui arrive ensuite…
Les gens s'installent sous nos parasols. Au début, on se demande si on a bien compris. On se dit ils font une pause parce que le sable est chaud. Mais non, non ! Ils s'installent vraiment. Certains vont même acheter des serviettes et s'assoient tranquillement à coté de nous. Pire, certains ne prendre même pas la peine de prendre leur serviette, ils s'assoient carrément sur nos serviettes, sortent leurs glaces et leurs cacahuètes et se mettent à pique-niquer comme si on avait réservé un parasol collectif !
Je ne sais même plus combien j’en ai chassés. À un moment, c’est bon, quoi ! On a payé notre emplacement, on aimerait bien en profiter sans se retrouver avec des inconnus collés à nous, sans avoir de la glace à nettoyer sur nos serviettes. On hallucine. Et puis, ils sont pas gênés, on est entrain de jouer aux cartes, ils se mettent entre nous. Mais c'est pas une blague, ce sont les habitudes.
Le plus drôle, c’est que personne ne nous propose une glace ou quelques cacahuètes en échange de cette proximité. đ Le partage, oui, mais visiblement dans un seul sens !
C’est assez particulier comme expérience. Je veux bien découvrir les coutumes locales, mais le concept de l’espace personnel, j’y tiens quand même un peu ! On a beau être en Chine, notre parasol n’est pas une aire de pique-nique publique !
Bref, la plage chinoise, c’est fait. On a découvert, on a observé… et on a chassé des chinois de nos serviettes !
Le soir, on avait prévu de ressortir tous ensemble, mais les enfants sont fatigués. On les laisse donc se reposer et on part tous les trois en vadrouille.
On commande un Didi, sauf que notre chauffeur semble avoir un petit problème avec son GPS. Il se trompe de route trois fois et nous fait même passer deux fois devant notre hôtel ! À ce stade, on se demande s’il sait vraiment où il va.
On finit quand même par arriver dans un quartier très animé de Shenzhen, près de la frontière avec Hong Kong. Et là, ça change complètement d’ambiance : des lumières partout, des enseignes lumineuses, du monde, du bruit, des stands de nourriture… C’est vivant, ça grouille de partout, on en prend plein les yeux !
On se balade un peu et, forcément, on finit par avoir faim. On s’arrête devant un stand de street food, un peu au hasard. Comme on ne comprend pas grand-chose au menu, on demande de l’aide à des locaux pour commander quelques spécialités.
On ne sait pas exactement ce qu’on a mangé, mais ce n’est pas grave : on a le ventre bien plein et on a goûté des choses nouvelles !
Pour le retour, en revanche, notre chauffeur est beaucoup plus efficace. Pas de détour, pas de passage devant l’hôtel trois fois : un trajet normal, quoi ! On apprécie. Il est presque minuit quand on rentre et on est complètement crevés. Demain, réveil tôt pour passer la journée à Hong Kong.
Allez, au lit ! Parce qu’entre les voisins qui nous ont empêchés de dormir, les squatteurs de parasols et les chauffeurs qui se perdent, on commence à avoir besoin de repos, là !
Cyril, Paul et Charles partent à la Foire de Canton, le rendez-vous incontournable pour découvrir des produits, des innovations et, qui sait, dénicher peut-être une future idée de business.
J’ai mon badge moi aussi, mais je ne me voyais pas laisser Greg et Soline seuls à Shenzhen pendant que tout le monde partait à Canton. J’ai donc laissé les garçons y aller entre eux, en train express, pendant que nous organisons notre petite journée à trois.
Au programme : billard, arts plastiques… Oui, oui, arts plastiques ! đ± Je ne sais pas trop comment on en est arrivés là, mais nous avons de quoi nous occuper !
À l’heure du déjeuner, nous prenons le bus pour rejoindre un restaurant de hamburgers qui nous avait été recommandé. Sauf qu’en arrivant, on déchante vite : le restaurant est vide, une odeur franchement désagréable flotte dans l’air et les prix sont exorbitants.
Bon, on n’est pas venus en Chine pour se ruiner dans un restaurant qui ne nous inspire pas du tout. Demi-tour !
Direction McDonald's đ Comme quoi, parfois, on traverse la moitié du monde pour finir avec un menu qu’on aurait pu manger à la maison.
Nous poursuivons notre balade dans le centre commercial de One Avenue, puis nous reprenons le petit bus pour rentrer. Et là, bonne surprise : 1 yuan par personne, soit environ 0,13€. À ce prix-là, on ne va pas se plaindre. Pour une fois, le transport coûte moins cher qu’un café !
De leur côté, les garçons ont eu droit à une autre aventure.
Déjà, il a fallu rejoindre Canton, trouver le complexe de la foire, puis récupérer leurs badges. Entre le trajet, les déplacements sur place et les formalités, ils ne sont finalement entrés dans le complexe qu’à 11 h. Autant dire que la matinée était déjà bien entamée !
Une fois à l’intérieur, direction les innovations. Et là, ils en prennent plein les yeux ! Ils ressortent avec une multitude d'idées de business, de contacts fournisseurs,... et la tête en ébullition.
Ce qui les a particulièrement marqués, c’est l’évolution des technologies. Pour eux, la fin du moteur thermique semble bel et bien se dessiner, tant les innovations présentées les ont impressionnés.
Mais ce sont surtout les robots qui ont retenu leur attention. Il y en a pour tout : divertir les animaux, occuper les enfants et accompagner le quotidien. Certains sont tellement réalistes que la frontière entre le robot et l’humain devient troublante.
Et puis, il y a le coup de cœur de Cyril. Monsieur a failli craquer pour un robot en forme de femme, capable de dire oui à tout ! đđđ
Je vous laisse imaginer les commentaires au retour…
Mais ce n’est pas tout : les garçons rentrent également avec une valise électrique ! Oui, une valise qui se déplace toute seule, ou presque. Après les robots qui s’occupent des enfants, voici les bagages qui nous évitent de marcher. À ce rythme-là, bientôt, on ne fera plus rien nous-mêmes !
Entre les idées de business, les robots futuristes et cette fameuse valise, la journée a été productive pour les garçons.
De notre côté, nous avons fait du billard, de l’art plastique et du McDo. Chacun ses innovations ! đ
Une chose est sûre : cette Foire de Canton nous donne envie d’en découvrir davantage. Reste maintenant à voir si toutes ces idées se transformeront un jour en véritables projets… Affaire à suivre !
Ce matin, pas besoin de courir à la recherche d’un petit-déjeuner : on a tout sous la main, on est à l’hôtel ! Bon, ici, le petit-déj est plutôt salé. Il faut s’adapter !
On y est allés par vagues. D’abord Cyril et moi, forcément, on est les premiers réveillés. Puis Soline et Greg nous ont rejoints. Quarante minutes plus tard, ils ont laissé leur place à Paul et Charles. Autant vous dire que le buffet a été rentabilisé ! đ
Je suis restée 1h30 au petit-déjeuner. J’ai tout goûté, ou presque, et j’en ai même profité pour préparer quelques sandwichs pour le petit creux de tout à l’heure. Avec six personnes à nourrir et des journées bien remplies, mieux vaut anticiper !
Ensuite, chacun s’occupe comme il peut : sport pour les uns, devoirs pour les autres et petite sieste pour celui qui est en plein jet lag. On reprend doucement le rythme avant de partir à la découverte de Shenzhen.
Direction le quartier de Futian pour découvrir un peu l’histoire de la ville et du pays. Les musées en Chine sont gratuits et proposent des explications en anglais, ce qui nous permet d’apprendre plein de choses sur l’histoire et la géographie chinoises. C’est toujours intéressant de comprendre ce qu’on visite, plutôt que de se contenter de regarder de jolis bâtiments sans savoir ce qu’ils racontent.
Après cette parenthèse culturelle, nous parcourons quelques centaines de mètres sous une chaleur écrasante pour rejoindre One Avenue. C’est une grande artère commerçante de Shenzhen, mais à 13h, en plein soleil, elle ne semble pas franchement déchaîner les foules.
On ne va pas s’éterniser à cuire sur place. Changement de programme : direction Luohu, qui se révèle beaucoup, beaucoup plus animé !
Nous nous arrêtons dans un petit restaurant de rue installé dans un couloir. Oui, un vrai restaurant aménagé dans un couloir ! Ici, on découvre parfois des lieux auxquels on ne s’attendrait pas forcément.
Pendant notre pause, une scène attire notre attention. Une mère, qui doit avoir une trentaine d’années, gronde son fils, qui semble avoir environ 14 ans. Nous ne comprenons pas tout ce qu’ils se disent, mais elle lui montre des photos sur son téléphone, notamment de sa bouche. Difficile de savoir ce qui a déclenché la dispute. La tension monte. La mère s’éloigne un instant, revient avec un martinet et donne quelques coups à son fils. Nous sommes décontenancés et un peu mal à l’aise face à cette scène. Nous échangeons quelques regards, sans trop savoir comment réagir. Autour de nous, la vie continue. Nous ne connaissons ni le contexte ni l’histoire de cette famille, et la barrière de la langue ne nous permet pas de comprendre précisément ce qui se passe. Mais cette scène nous interpelle et nous laisse perplexes.
Nous poursuivons notre balade dans Luohu, puis rentrons nous reposer un peu avant de ressortir à la tombée de la nuit.
À la tombée de la nuit, nous repartons pour découvrir un point de vue que Charles nous a encore dégoté. Il est fort pour nous trouver des endroits sympas ! J’espère juste que ce ne sera pas aussi haut et compliqué que celui de Séoul le mois dernier. Parce que les montées interminables, les escaliers à n’en plus finir et les jambes qui commencent à protester, on connaît maintenant !
Cette fois, on a retenu la leçon : pour économiser nos forces, on prend un Didi jusqu’au point de départ de la promenade. Pas question de faire des kilomètres inutiles avant même d’avoir commencé !
Nous arrivons dans un parc. Il fait nuit noire, mais nous ne sommes visiblement pas les seuls à avoir eu cette idée. D’autres personnes sont là et montent elles aussi vers le point de vue.
Bon, allez, c’est parti !
On monte, on monte, on monte… Finalement, nous arrivons en haut et là, la vue est époustouflante ! On n'est pas très haut, Shenzhen ne s’étend pas devant nous comme à Séoul, ici on surplombe le quartier des affaires avec ses immeubles illuminés et ses lumières à perte de vue. C’est sublime. Pas de spectacle cette fois, juste la ville qui brille dans la nuit. Et franchement, ça suffit largement !
On reste là à profiter de la vue. Charles a encore trouvé un super spot. Décidément, il va finir par devenir notre guide touristique officiel !
Pour rentrer, nous cherchons le métro. Sauf que je me trompe de direction. Évidemment. đ
Plutôt que de revenir sur nos pas, on regarde rapidement si un bus peut nous ramener. Et justement, en voilà un qui arrive ! Ni une ni deux, on monte dedans. Est-ce qu’on est dans le bon sens ? Mystère. Est-ce qu’on va réussir à payer sans carte bancaire chinoise ? Autre mystère. On avisera ! Finalement, on arrive à payer en espèces. Sauf qu’on n’a pas la monnaie exacte et qu’on se fait un peu avoir. Bon, ce n’est pas la ruine non plus, et au moins, on est dans le bon bus !
Le trajet est agréable, on profite de la ville autrement et, pour une fois, on n’a pas eu besoin de marcher pendant des kilomètres pour rentrer. On achète quelques chinoiseries à manger pour le dîner et on rentre profiter de notre appartement et de ce plaisir tout simple : être tous les six réunis.
La journée a été bien remplie. On va pouvoir se poser tranquillement et récupérer.
Enfin… c’est ce qu’on croyait !
À partir de 22 h, nos voisins du dessus semblent avoir décidé de nous faire participer à leur soirée familiale. Je ne sais pas exactement ce qui se passe au-dessus de nos têtes, mais on dirait qu’ils ont décidé de déménager tout l’appartement en faisant tomber les meubles un par un. Des courses, des cris, des chocs… On a vraiment l’impression que le plafond va nous tomber dessus !
On se dit que ce sont probablement des enfants qui jouent et qu’ils vont finir par se calmer. On attend donc sagement, en espérant qu’une fois l’heure du coucher arrivée, tout le monde retrouvera son calme.
Sauf qu’à 23h30, c’est toujours le même bordel. Cyril finit par monter pour expliquer gentiment la situation. Les voisins s’excusent. Super ! Il redescend, rassuré à l’idée de pouvoir enfin dormir. Dix minutes plus tard, ça recommence.
Là, on commence à perdre patience. Cyril attend encore une heure, histoire de leur laisser une chance de comprendre par eux-mêmes. Mais visiblement, le message n’est pas arrivé jusqu’à l’étage supérieur. Cette fois, il monte franchement énervé. Quand il revient, il nous raconte ce qu’il a découvert : les parents et les grands-parents sont partis se coucher, laissant quatre enfants en bas âge seuls à mettre l’appartement sens dessus dessous. Les chaises et les fauteuils sont renversés, les coussins des canapés sont éparpillés partout… Bref, c’est le grand chantier ! Les adultes sont partis dans leurs chambres laissant les enfants organisent les Jeux olympiques du lancer de meubles juste au-dessus de nos têtes. đ«
Cyril descend alors à l’accueil pour signaler le problème. Parce qu’à ce stade, on ne demande pas le silence absolu, juste de pouvoir dormir sans avoir l’impression de vivre sous un terrain de jeux ! Finalement, vers 2h du matin, le calme revient enfin. On peut se coucher et espérer grappiller quelques heures de sommeil.
Les valises sont fermées, l’appartement est vérifié… Allez, bye bye Pékin ! Direction l’aéroport de Shenzhen.
Ce matin, il n’y a personne sur la route. On a réservé un grand van privé pour rejoindre l’aéroport, et franchement, c’est bien agréable de ne pas avoir à se prendre la tête avec les transports et les bagages.
Il pleut des cordes à Pékin, on nous a distribué des capes de pluie !
Pendant ce temps, Paul a assuré ! Il est bien arrivé à Shenzhen, a passé les contrôles chinois, pris le métro, trouvé l’hôtel et réussi à faire fonctionner son Alipay. Bref, il s’en est sorti comme un chef ! Il a même récupéré la suite. Pour l’instant, il dort… Il faut dire que le voyage a été mouvementé.
De notre côté, tout se passe bien. Enfin, presque…
À l’arrivée à l’aéroport de Shenzhen, on attend nos valises. Et on attend. Et on attend encore…
Il faut dire qu’il y a une quantité de tapis roulants et de bagages absolument hallucinante. On se dit que c’est quand même bizarrement long, tout ça. Avec l’efficacité chinoise, on s’attendait à récupérer nos valises en deux minutes chrono !
Mais nous, on ne panique pas. On attend sagement, convaincus que le système finira bien par faire son travail. Jusqu’à ce qu’un agent vienne nous demander notre numéro de vol. Et là… grand moment de solitude : on attend nos valises depuis tout ce temps devant le mauvais tapis ! đđđ
Pendant qu’on s’impatientait devant un tapis qui n’avait strictement rien à voir avec nous, nos valises faisaient leur petite vie tranquille sur un autre. Et quand on finit par les retrouver, il ne reste plus qu’elles à tourner !
On a attendu comme des champions... au mauvais endroit. đ«Łđ
Finalement, l’efficacité chinoise n’était pas en cause. Le problème, c’était nous !
On découvre notre logement et… waouh ! Ça nous change de notre appartement de Pékin !
Trois chambres, trois salles de bain, des placards partout, un grand salon et une belle cuisine avec salle à manger. De l’espace, du confort… On peut enfin poser nos affaires sans avoir l’impression de jouer à Tetris avec les valises !On s’installe tranquillement, on fait le tour de l’appartement et… on ressort déjà.
On ne tient pas en place !
J’ai prévu de découvrir le quartier et surtout d’aller voir les fameux gratte-ciel. Et là, première surprise qui finalement n'en est pas vraiment une : Shenzhen, c’est grand. Mais alors, très grand ! Sur la carte, ça semblait raisonnable. Dans la réalité, on marche pendant 40 minutes avant d’arriver au cœur des buildings.
Mais on ne regrette pas une seconde. On adore ces villes avec des tours immenses partout, des bâtiments futuristes et des perspectives complètement dingues. On passe notre temps à lever la tête.
Il est 19h20 et j’ai lu qu’il y avait un spectacle d’illuminations à 19 h 30 dans le quartier. Visiblement, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l’information : il y a déjà beaucoup de monde.
On suit le mouvement, on arrive sur une immense esplanade, on s’installe comme tout le monde et on attend.
À 19h30, un compte à rebours apparaît sur les tours. Et c’est parti !
Pendant quinze minutes, on en prend plein les yeux. Les gratte-ciel s’illuminent, les couleurs changent, les images défilent sur les façades, le tout en musique. C’est super bien fait, parfaitement synchronisé. On est tous bluffés !
On reste là, à regarder les tours s’animer. Franchement, c’est magnifique. On ne s’attendait pas à un tel spectacle pour notre première soirée à Shenzhen.
Bon, après toutes ces émotions, il y a un autre sujet qui commence à devenir urgent : on a tous très, très faim ! On se met donc en route vers une rue animée pour trouver un restaurant. En chemin, on passe sous une grande route et là, surprise : on débouche dans une immense galerie souterraine. Des boutiques, des passages dans tous les sens, du monde partout… Une véritable ville sous la ville ! C’est immense. On a presque l’impression d’avoir découvert un deuxième Shenzhen, caché sous le premier. Hallucinant !
On cherche un restaurant chinois, mais rien ne nous tente vraiment. Alors on finit par choisir un endroit qui plaît à tout le monde. Et là, sans trop faire attention, on se retrouve dans… un restaurant russe ! đ
Oui, oui, russe. Avec des serveurs chinois, des French fries dans nos assiettes et un drapeau américain dans le décor !
On a donc réussi à faire un repas russe en Chine, servi par des Chinois, avec des frites françaises et un drapeau américain. Il ne manque plus qu’un dessert italien pour compléter le tableau ! đđđ
Voilà, notre première soirée à Shenzhen est terminée. On a retrouvé Paul, découvert notre super appartement, pris une claque devant les gratte-ciel illuminés et fini dans un restaurant improbable.
Pas mal pour une première journée !
Et surtout, ça y est, nous sommes tous réunis. â€ïž
Pour notre dernier jour à Pékin, direction Nanluoguxiang et les lacs de Shichahai ! Au programme : une belle promenade dans l’un des quartiers historiques de la capitale, entre ruelles traditionnelles, petites boutiques et bords de lacs.
On commence par Nanluoguxiang, une ruelle historique bordée de petites boutiques, de cafés et de stands de nourriture. On y trouve de tout : des souvenirs, des vêtements, des objets artisanaux et de quoi grignoter à chaque coin de rue. La rue principale est animée, et il suffit de s’engager dans les petites ruelles perpendiculaires pour retrouver les fameux hutongs, ces passages traditionnels bordés de maisons à cour intérieure, typiques du vieux Pékin. Le quartier a conservé une organisation qui remonte à l’époque de la dynastie Yuan, il y a plusieurs siècles.
Nous poursuivons ensuite notre balade vers les lacs de Shichahai. Changement d’ambiance : on quitte les ruelles commerçantes pour retrouver de l’espace, l’eau et les promenades qui longent les berges. Le secteur comprend trois lacs, Qianhai, Houhai et Xihai, entourés de vieux quartiers et de maisons traditionnelles. On peut y observer les habitants qui se promènent, les bateaux sur l’eau et les saules qui bordent les rives. C’est un endroit qui invite à ralentir et à profiter de la vie pékinoise.
Dommage, le ciel est bien gris aujourd’hui. Avec un peu de soleil, les paysages auraient certainement été encore plus jolis, mais cette balade est une belle façon de terminer notre découverte de Pékin.
Et bien sûr, nous finissons par… une pâtisserie ! À ce rythme-là, je crois qu’on dépense davantage en gâteaux qu’en repas en Chine. Il va falloir qu’on se penche sérieusement sur notre budget boulangerie-pâtisserie !
Ce soir, c’est moins glamour : opération valises. Il faut ranger, trier et réussir à tout faire rentrer avant de quitter Pékin. Bon, bah, l'histoire racontera qu'il a fallu acheter une valise supplémentaire :-)
Bonne nouvelle également : Paul a pris son vol sans problème ! Il est actuellement dans l’avion, en route pour nous rejoindre. Après le stress de son départ de Bordeaux et de son arrivée à Paris, je peux enfin souffler un peu… même si je serai vraiment rassurée quand il sera avec nous !
De notre côté, on avance aussi sur nos réflexions et nos choix pour la suite du voyage… et peut-être même pour la suite tout court. Ce voyage, sert aussi ça : découvrir de nouveaux endroits, passer du temps ensemble et prendre du recul pour réfléchir à ce qu’on veut faire après.
Pékin, c’est bientôt terminé. Mais la suite se prépare déjà !
Aujourd’hui, programme un peu plus cool. On a décidé de lever le pied, et ça fait du bien !
La matinée se déroule tranquillement à l’appartement. Nous prenons le temps de discuter avec Greg de son orientation. Et franchement, c’est fou tout le temps que nous avons pour échanger avec les enfants depuis que nous voyageons. J’ai parfois l’impression qu’en un mois, nous partageons davantage de choses qu’en une année de vie quotidienne à la maison. On parle de leurs envies, de leur avenir, de leurs projets, de ce qu’ils aimeraient faire plus tard… Des conversations qui prennent le temps de se construire, sans devoir regarder l’heure toutes les cinq minutes ou repartir chacun de son côté.
C’est aussi l’un des grands cadeaux de ce voyage. Au-delà des visites et des découvertes, nous avons du temps pour eux. Du vrai temps. Et même si nous sommes tous les cinq les uns sur les autres dans notre petit appartement, ces moments-là sont précieux.
Après déjeuner, nous repartons à l’aventure, direction le métro, notre fidèle compagnon de voyage ! On commence à connaître les stations, les changements de ligne et les trajets presque par cœur. Enfin, presque… Nous ne sommes pas encore à l’abri d’une petite erreur !
Nous rejoignons une rue très animée, où nous retrouvons l’agitation des grandes artères commerçantes de Pékin. Il y a du monde partout, des boutiques, des enseignes lumineuses, des passants qui circulent dans tous les sens. Nous nous promenons un peu comme les touristes que nous sommes, à regarder tout ce qui nous entoure.
Puis, petit à petit, nous nous éloignons des zones les plus fréquentées. Et c’est souvent là que je préfère me balader : quand on quitte les endroits très touristiques, on découvre une ville un peu différente, plus quotidienne, plus spontanée.
Au détour d’une rue, nous tombons sur une jolie pâtisserie. Évidemment, nous sommes obligés d'aller voir ce qu’elle propose ! Nous avons développé une certaine capacité à repérer les endroits gourmands, même sans les chercher. C'est amusant ici, ils nous servent des patisseries et quelqu'un vient nous les découper.
Nous continuons ensuite notre promenade dans des rues animées, mais qui nous semblent plus authentiques. Des commerces de proximité, des habitants qui vaquent à leurs occupations, des scènes de vie toutes simples… Ce sont ces petits moments qui permettent de découvrir une ville autrement qu’en enchaînant les monuments.
Mais j’ai une idée en tête depuis notre arrivée à Pékin : je veux absolument goûter le canard laqué !
Les enfants, eux, sont nettement moins enthousiastes. Visiblement, l’idée de consacrer une soirée à une spécialité culinaire chinoise ne les fait pas rêver autant que moi.
Qu’à cela ne tienne ! Nous décidons de nous séparer. Ils rentrent en métro à l’appartement et prévoient un dîner au Burger King. Chacun ses expériences culturelles ! đ
De notre côté, Cyril et moi allons enfin pouvoir nous offrir un vrai restaurant chinois et mon fameux canard laqué.
Nous nous dirigeons vers le nord, et voilà que nous retombons sur la place Tian’anmen.
Décidément, cette place, on ne peut pas la contourner ! À Pékin, elle semble toujours finir par se retrouver sur notre chemin. Nous devons donc repasser les contrôles de sécurité. Et là, on connaît désormais la procédure : les passeports, les sacs, les vérifications, parfois une fouille… Il faut montrer patte blanche avant de pouvoir accéder à la place.
Mais cette fois, miracle : il n’y a presque personne ! En moins de dix minutes, nous sommes passés. Bon, dix minutes quand même, car il faut marcher entre les différents points de contrôle. La sécurité chinoise ne plaisante pas avec l’accès à cet endroit particulièrement symbolique.
Et nous voilà de nouveau sur l’immense place Tian’anmen.
Même si nous y sommes déjà venus, je reste impressionnée par ses dimensions. Avec environ 880 mètres de long et 500 mètres de large, elle couvre près de 44 hectares. C’est l’une des plus grandes places publiques du monde. Mais au-delà de sa taille, c’est surtout son histoire qui me frappe. C’est ici que Mao Zedong a proclamé la fondation de la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949. La place est devenue un lieu majeur de la vie politique chinoise, mais aussi un symbole national, marqué par les grandes cérémonies officielles et les monuments qui l’entourent.
Et moi, je me retrouve là, au milieu de cette place dont j’ai entendu parler pendant toute ma scolarité. J’ai une sensation assez étrange, comme si je venais de rentrer dans les pages d’un livre d’histoire. Je reconnais les monuments, les statues, les perspectives que j’ai vues dans les manuels au collège ou au lycée. Sauf que cette fois, je ne suis pas devant une photo imprimée dans un livre : je suis là, au milieu de tout ça.
C’est assez fou de se dire que des lieux que l’on a étudiés à l’école deviennent un jour des endroits où l’on se promène réellement. Nous nous asseyons au milieu de la place. Et là, nous ne faisons rien de particulier. Nous discutons de tout et de rien, de notre avenir, des enfants, de la suite du voyage… Nous prenons simplement le temps d’être là, tous les deux. J’aime ces moments où l’on n’a pas besoin de courir vers la prochaine visite, où l’on peut juste se poser et parler.
Et puis, tout à coup, les lumières s’allument autour de nous. Le décor change, les bâtiments s’illuminent et les gens commencent à applaudir. Nous levons les yeux et nous nous laissons emporter par le spectacle.
Je suis trop contente d’être là !
Il y a quelque chose de particulier dans le fait de découvrir un lieu aussi chargé d’histoire, puis de le voir s’animer sous les lumières du soir. Je ne sais pas exactement ce qui me touche le plus : le monument lui-même, tout ce qu’il représente ou simplement le bonheur de vivre ce moment avec Cyril.
Mais je sais une chose : je suis exactement là où j’ai envie d’être.
Au bout d’une heure, nous nous décidons enfin à quitter la place. Parce que, aussi magnifique soit-elle, il nous reste encore une mission à accomplir : trouver le meilleur canard laqué possible !
Nous rejoignons le restaurant que l’on nous a recommandé et nous nous installons.
Enfin, le moment tant attendu !
Le canard laqué de Pékin est l’une des spécialités les plus célèbres de la cuisine chinoise. Sa préparation est un véritable savoir-faire : la peau est travaillée pour devenir fine et croustillante, tandis que la viande reste savoureuse. Le plat est traditionnellement servi avec de petites crêpes très fines, des légumes et différentes sauces.
Le canard laqué est associé à la cuisine impériale depuis plusieurs siècles. Il s’est notamment développé à Pékin sous les dynasties impériales, avant de devenir une spécialité emblématique de la capitale.
Autant dire que j’ai des attentes !
Le serveur nous apporte le canard, accompagné de petites crêpes et de différents condiments. Nous découvrons comment le déguster : on dépose quelques morceaux de canard dans une crêpe, on ajoute de la sauce, des lamelles de concombre et d’autres accompagnements, puis on roule le tout.
Il y a plusieurs sauces, dont une qui ressemble un peu à une sauce barbecue, des condiments plus doux, du piment… Chacun compose sa petite crêpe selon ses goûts.
C’est bon, vraiment. Mais je dois avouer que je m’attendais à une viande encore plus fondante. Dans mon imagination, ce canard devait presque se défaire tout seul, avec une peau croustillante et une viande incroyablement tendre.
Je ne suis donc pas totalement transportée par la première bouchée, mais je suis ravie d’avoir enfin goûté cette spécialité incontournable. Et puis, découvrir un plat traditionnel dans son lieu d’origine, c’est aussi ça, le voyage.
Mais Cyril, lui, a décidé de pousser l’expérience un peu plus loin. Il est d’humeur aventurière. Il commande une planche apéro dont le contenu nous est assez mystérieux.
Quand elle arrive, nous nous regardons avec un mélange de curiosité et de méfiance. Il y a plusieurs petites choses que nous ne reconnaissons pas vraiment. Nous allons donc goûter sans savoir précisément ce que nous avons dans l’assiette.
Après tout, nous sommes en Chine, autant jouer le jeu !
Nous prenons quelques bouchées, nous échangeons nos impressions, nous essayons de deviner ce que nous mangeons. Puis je finis par demander à ChatGPT de nous aider à identifier nos découvertes.
Et là, surprise : nous sommes en train de manger des méduses, des œufs centenaires et des cacahuètes !
Voilà. La soirée prend une tournure inattendue.
Les œufs centenaires, malgré leur nom, ne sont pas des œufs conservés pendant cent ans. Il s’agit d’œufs, généralement de canard, transformés grâce à une technique traditionnelle de conservation qui modifie leur couleur, leur texture et leur goût. Le blanc devient sombre et translucide, tandis que le jaune prend une consistance crémeuse. C’est une spécialité que l’on retrouve dans plusieurs régions de Chine, souvent servie en accompagnement ou dans certains plats.
Les méduses, elles, sont également consommées dans différentes cuisines asiatiques, généralement préparées de manière à obtenir une texture particulière, souvent croquante.
Sur le papier, tout cela est intéressant. Dans l’assiette, c’est une autre histoire !
Alors, mon retour d’expérience ?
Les œufs centenaires, ça va. Je ne vais pas dire que je pourrais en manger tous les jours, mais ce n’est pas aussi terrible que je l'imaginais. En revanche, niveau digestion, mon organisme a apparemment eu besoin d'une réunion de crise : j’ai eu l’impression de mettre dix heures à les digérer !
Quant aux méduses… comment dire ?
C’était dégueulasse !
Je ne sais pas si c’est la texture, le goût ou simplement le fait de savoir ce que je mangeais, mais j’ai vraiment cru que j’allais vomir. Pourtant, je suis plutôt partante pour découvrir des spécialités locales. Mais là, je crois que je viens de trouver ma limite.
Cyril, lui, semble beaucoup plus amusé par l’expérience. Il faut dire qu’il a commandé cette fameuse planche avec l’enthousiasme de quelqu’un qui se réjouit d'une découverte gastronomique, alors que moi, je suis en train de négocier intérieurement avec mon estomac.
Au moins, nous aurons essayé !
Nous terminons notre soirée, puis nous rentrons retrouver les enfants à l’appartement. Eux ont mangé leur Burger King, nous avons découvert le canard laqué et les méduses… chacun son voyage, finalement !
Tout le monde est content de sa soirée. Mais à peine avons-nous retrouvé notre petite routine familiale qu’une autre préoccupation vient s’inviter dans la soirée.
Et celle-là, elle va nous faire nettement moins rire.
Paul doit nous rejoindre en Chine. Il quitte Bordeaux aujourd’hui et son train est prévu à 16 h 54. Il est 13 h 30. Il vient tout juste de rentrer chez lui après sa matinée de cours. Et comme toujours avec Paul, tout est à l’arrache. Il n’a pas encore réfléchi à sa valise. Il n’a pas fait le ménage dans son appartement — et quand je parle de ménage, je pense surtout au tri alimentaire, parce que laisser des aliments périssables derrière soi pendant plusieurs semaines, ce n’est pas franchement une bonne idée. Il n’a pas non plus regardé les consignes que je lui ai envoyées pour le préparer à la complexité de la Chine. Il n’a téléchargé aucune des applications indispensables pour se débrouiller sur place. Il ne s'est même pas enregistré sur son vol de demain.
Rien.
Enfin, si : il est chez lui, il vient de finir ses cours et il lui reste quelques heures avant son train. Sur le papier, ça passe. Dans la réalité, connaissant Paul, je commence déjà à avoir quelques sueurs froides. Parce que la Chine, ce n’est pas exactement la destination où l’on peut improviser absolument tout au dernier moment. Entre les applications à installer, les moyens de paiement, les passeports et les petites particularités locales, mieux vaut avoir anticipé un minimum.
Mais bon, Paul est grand. Il faut aussi le laisser gérer ses affaires et apprendre à se débrouiller. Je prends donc sur moi et j’essaie de ne pas intervenir toutes les cinq minutes. À 15h30, je lui rappelle tout de même qu’il serait bien qu’il quitte son appartement vers 16h pour rejoindre la gare. Il me répond rapidement. Je sens que je le dérange et qu’il est en plein sprint organisationnel. Je décide de le laisser faire.
À 16h, je le rappelle. Pas de réponse immédiate, puis je reçois un message : il va prendre une douche rapidement et partir. Une douche ? À moins d’une heure de son train ? Je commence à sentir mon niveau de stress grimper. Mais je me répète qu’il faut lui faire confiance et le laisser gérer. Je regarde sa position sur l’application de géolocalisation. Je ne le vois pas avancer comme je l’espérais et je commence à m’agacer.
Finalement, il me répond : c’est mort pour le tram, il y a des manifestations et les trams sont à l’arrêt. Il essaie de commander un Uber, mais aucun chauffeur n’accepte sa course. Là, je sens que je vais perdre patience. Il est déjà tard, son train part dans moins de quarante minutes et il n'a toujours pas trouvé de solution pour rejoindre la gare.
Je décide pourtant de le laisser gérer. Je ne peux pas prendre les décisions à sa place à plusieurs milliers de kilomètres de là. Et puis, je vois sa position bouger sur l’application. Il avance plutôt vite en direction de l’arrêt de bus. Je l’imagine avec sa valise en train de courir pour attraper le bus qui pourrait l’emmener directement à la gare. Je croise les doigts et je me retiens de le rappeler toutes les trente secondes.
Je sais bien qu'il doit être stressé lui aussi, mais je ne peux pas m'empêcher d'imaginer tous les scénarios possibles. Et avec Paul, il y a de quoi faire !
À 16h40, je vérifie les informations du train. Et là, bonne surprise : le train a du retard ! Alors oui, je sais, la SNCF et les retards, c'est une longue histoire. Mais cette fois, je dois reconnaître que le retard tombe plutôt bien. La SNCF toujours là quand on a besoin !
Bon, je plaisante, mais c'est quand même fou : à chaque fois que nous prenons le train ces derniers temps, le trafic est perturbé. À ce rythme-là, on va finir par intégrer automatiquement une marge de sécurité de deux heures dans tous nos déplacements !
Mais aujourd'hui, ce retard va peut-être sauver le trajet de Paul. Finalement, son train part avec vingt-cinq minutes de retard. Il arrive à Paris avec une heure trente de retard. Il a donc réussi à rejoindre la gare, à monter dans le train et à arriver à destination. Pour ce soir, nous pouvons enfin souffler un peu.
Enfin… souffler, c'est un grand mot. Parce que nous connaissons Paul. Il pourrait très bien oublier son sac quelque part, se rendre compte qu'il a laissé son passeport à Bordeaux, sortir jusqu'au bout de la nuit à Paris, oublier les codes de l'immeuble où il doit dormir… et, cerise sur le gâteau, ne pas entendre son réveil sonner le lendemain matin pour prendre son avion !
Je vous jure, avec lui, tout est possible.
Alors nous attendons de savoir qu'il est bien arrivé, qu'il a son passeport, ses affaires et qu'il est installé pour la nuit. Mais cette vérification, nous ne pourrons pas la faire car il est parti directement retrouver des copines dans Paris centre, et il est déjà plus de minuit. Tantpis on va dormir. On gérera demain matin.